Le nombre de caméras ne mesure rien
Une installation de vidéosurveillance se juge sur la chaîne qui va de la détection à la décision. Le nombre de points de vue n'en est qu'un paramètre, et rarement le plus contraignant.

La première question posée lors d’une consultation de vidéosurveillance porte presque toujours sur le nombre de caméras. C’est la grandeur la plus simple à comparer entre deux offres, et c’est celle qui renseigne le moins sur ce que l’installation apportera au site.
Ce qu’une caméra ne fait pas
Une caméra enregistre. Elle ne détecte pas, elle n’alerte pas, elle ne décide pas. Une installation de cent caméras dont les images ne sont regardées qu’après un incident ne produit pas de la sûreté : elle produit de la preuve, ce qui n’est pas la même prestation et ne répond pas au même besoin.
La chaîne qui protège comporte quatre maillons. La détection signale un écart. La qualification établit s’il s’agit d’un événement réel. La décision détermine la réponse. L’intervention l’exécute. Une caméra sert le deuxième maillon. Elle ne sert le premier que si un dispositif d’analyse ou un opérateur la regarde au moment où l’événement se produit.
Les trois paramètres qui comptent davantage
Le champ utile. Une caméra bien placée sur un point de passage obligé remplace trois caméras réparties sur une façade. Le travail d’étude consiste à identifier ces points, non à répartir uniformément des points de vue.
La durée de conservation. Elle détermine si l’enregistrement sert encore le jour où l’on cherche l’événement. Un incident constaté le lundi matin sur un site fermé le week-end exige au minimum quatre jours de conservation ; la valeur par défaut de nombreux enregistreurs est inférieure.
La consigne d’exploitation. Elle dit qui regarde, quand, ce qu’il fait en cas d’écart, et où il en consigne la trace. Sans elle, la question « qui a vu quoi » n’a pas de réponse le jour où elle est posée.
L’erreur symétrique
Réduire le nombre de caméras au strict minimum n’est pas davantage une méthode. Certains sites exigent une couverture continue d’un périmètre, et la contrainte est alors bien le nombre de points de vue. La distinction se fait à l’étude, à partir de scénarios de menace que le client tient pour réalistes, et non à partir d’un ratio par mètre linéaire.
Ce qu’il faut demander
Un plan de couverture indiquant, pour chaque caméra, ce qu’elle doit permettre de faire : détecter une présence, reconnaître une silhouette, identifier une personne. Ces trois objectifs n’appellent pas la même définition, ni le même emplacement, ni le même éclairage. Une offre qui ne les distingue pas propose du matériel, pas une installation.


